Balming Tiger, l’authenticité coréenne.

Balming Tiger

On connaît tous plus ou moins la K-Pop. Pour certains c’est un péché terriblement coupable, pour d’autre c’est ce qui peut se faire de pire en musique, et pour quelques-uns ce n’est qu’une imprégnation occidentalisée de la Pop culture ultra léchée et codifiée américaine avec un côté « kawai ».

Tout d’abord, calmons-nous, je ne vais pas vous parler de K-Pop traditionnelle, mais plutôt d’une contre-culture à cette variante, et plus particulièrement d’un petit collectif qui commence à se faire connaitre en Europe : Balming Tiger (et non ce n’est pas l’association ratée de Balmain et du tigre de Kenzo.).

Ils disent faire de l’Alternative K-Pop, mais on pourrait même dire de l’alternative K-Hiphop. D’après les informations que j’ai pu trouver sur eux, c’est un collectif en pleine expansion, mais quelques personnes constituent le noyau dur : Omega Sapien, Byung Un, No Identity, Sogumm, Abyss et Jan’Qi (vidéaste et producteur).

Omega Sapien et Byung Un étant ceux qui prêtent leurs voix et No Identity et Abyss ceux à la production. Ce sont ceux que nous retrouvons le plus souvent à chaque morceau. Même si Byung Un, est pour le moment absent du groupe à cause du service militaire. Ils n’ont pour le moment que publié un seul projet sobrement intitulé « BALMING TIGER VOL.1: Tiger 304 », qui ressemble plus à une démonstration du potentiel de chaque individu, qu’a un vrai projet. Une belle cover, à l’image du groupe :

Pourquoi Balming Tiger ?

Eh bien déjà ils s’efforcent d’écrire en anglais en distillant ici et là quelques mots en coréen, à l’inverse de la K-pop classique qui emploie majoritairement le coréen et placent quelques mots clés américains ou des formules toutes faites. Donc on n’a pas vraiment l’impression d’écouter une culture bien précise qui serait hors de notre portée d’Occidental.
Plutôt originale pour une contre culture, car on aurait plutôt tendance à croire à l’utilisation de la langue maternelle plutôt qu’étrangère.
Les thèmes abordés dans les paroles sont assez communs à la jeune génération : confusion identitaire, surplus d’informations, et un rythme de consommation épileptique.
Mais c’est surtout les productions assez folles, très accrocheuses, qui est l’un de leurs points forts. Chaque instru’ est très bien montée et bien soignée, elles sont toutes uniques et nous mènent à chaque fois dans un monde très précis. Leur style n’est pas vraiment défini.
Dans le projet on peut retrouver des compositions inspirées par des instruments typiquement asiatiques, du sample, une influence du tri-pop, mais c’est aussi de la house et une bonne dose de musique électronique actuelle assez tape-à-l’oeil. La dissonance est quelque chose d’assez récurrent dans leur musique, mais est finement dosée comme dans « Rich&Clear ». On ne se retrouve pas à plisser les yeux en priant pour que ça passe vite, chose que l’on peut retrouver assez couramment dans l’alternative radicale.

K-Pop oblige, les bruitages bizarres et autres sons mal dégrossis sont de la partie, comme dans le fou furieux « SONG FOR SANYAWN ». Les 2 voix du collectifs vont à merveille avec ce type d’intrus, Byung Un, qui a timbre de voix très grave (à la Tyler, the Creator) et un flow très posé quasiment addictif, qui contre-balance bien la folie de Omega Sapien avec sa voix jouvencelle et sa désinvolture.
Mais l’autre point fort du groupe c’est leurs clips. Avec des réalisations faussement indépendantes, mais extrêmement bien travaillées, avec des points de vue et des cadrages toujours à la recherche de photos à nous imprimer sur la rétine. Saupoudrez le tout d’une petite dose de kitsch très discrète inhérente à la culture asiatique, un peu de « WTF » contemporain et vous obtenez les clips de Balming Tiger. Mention spéciale pour le clip de « I’m Sick » (qui est déjà à plus de 2.5 millions de vues et qui a été utilisé par ARTE dans l’émission Tracks) qui est une critique assez virulente et jouissive des nouvelles générations et que je vous mets juste en dessous. (Je vous conseille de régler le volume avant de lancer la vidéo)

Le groupe vient de terminer une microtournée (‘THE TINY TOUR’) avec 3 dates  en 3 jours au mois de juin dernier en Europe. Une première date à Londres, dans un pub/boite (‘The Old Blue Last’) souterrain avec une ambiance folle. Puis une seconde le lendemain à Paris au ‘1999’ un endroit assez chaud qu’ils ont retourné, et pour finir une dernière date au prestigieux festival ‘La Magnifique Society’ à Reims. Là aussi le groupe a mis le feu, démarrant devant un petit public de curieux pour finir par de sacrés pogo dans une fosse conquise. Car oui, Balming Tiger, en live ça dépote ! Omega Sapien déploie une énergie d’homme de scène assez folle qui monte crescendo au fur et à mesure du concert. Un petit documentaire est d’ailleurs en préparation pour voir les coulisses du groupe. (Un teaser est disponible sur le net en attendant.)

Il faut savoir que le groupe produit régulièrement des mixtapes sous le nom de ‘Joyful Delivery’ avec beaucoup de guests, des chanteurs comme des DJ, le collectif organise à ces occasions plusieurs évènements live. Là aussi les styles sont très variés.

Donc si vous voulez quelque chose de très Coréen à contre-courant de leur scène musicale actuelle, commencé par Balming Tiger me semble être une très très bonne introduction.

 

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