Brigitte au Casino de Paris : émotions, piano acoustique et paillettes

L’ébauche d’un piano à queue, deux femmes, l’une avec un haut-de-forme fleuri, l’autre des lunettes rondes, un quartier de lune : à ce dessin noir s’ajoutent des empreintes orange et turquoises pour une affiche qui, cinq soirées de suite, a recouvert la façade du Casino de Paris. Elle annonçait, du 25 au 29 juin, les concerts à guichets fermés de Brigitte.

Brigitte

Crédit photo : Angela

Brigitte

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Au cours de cette nouvelle tournée, Aurélie Saada et Sylvie Hoarau ont choisi de revisiter leur répertoire en version acoustique. Elles ont aussi revisité leur entrée sur scène. Première partie achevée, les derniers retardataires installés, le rouge et or du Casino brillent encore lorsqu’on entend chanter… au balcon ! Surprise : les deux femmes apparaissent dans le public. Sylvie est à la guitare, Insomniaque sonne le début du spectacle. Brigitte gagne le parterre. Dans des robes pailletées signées Edith Bréhat, le duo déambule le long de l’une des allées puis revient sur ses pas. La salle s’assombrit. Vont-elles réapparaitre ? Le temps de se poser la question et Brigitte jaillit des coulisses, cette fois sur scène. 

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Crédit photo : Angela

Sylvie et Aurélie y entament le féministe Battez-vous.  Leurs bras se meuvent au rythme de leur voix et les mains du public frappent à intervalles réguliers. Un seul instrument : le piano à queue. Charlène Juarez alias Chat en parcourt les touches avec un masque… de chat.
Sur scène, on se confie, on panse quelques blessures, on donne du courage aux femmes. Car ce soir, elles parlent des hommes de leurs vies. Et « pas les plus sympas. » Aurélie prend le relai au piano et, surplombée par un décor représentant une lune et un hibou la nuit, joue Mon intime étranger, poème dédié à son père absent mais dont une partie réside en elle. 

 

 

Aurélie ne manque pas d’évoquer les personnes présentes, dans sa vie comme dans la salle. Elle désigne le père de ses filles, puis ses filles elles-mêmes. J’veux un enfant, jouée à la guitare, raconte l’épineux chemin de son désir de maternité. De ces deux titres chantés à coeur ouvert, se dégage une sincérité qui bouleverse.
Aujourd’hui, les deux musiciennes sont femmes et mères. Leur duo permet de parler de chacune d’entre elles, ce qui est une manière d’évoquer toutes les femmes. Car Brigitte est Plurielle et elles sont si nombreuses, ce soir, les femmes, venues là entre amies ou en famille. Parmi elles, Karen Brunon. Une amie du duo. Elle a assuré la première partie devant le grand rideau rouge. Elle prêtera même son violon à Brigitte, un temps, pendant le concert, notamment pour Le goût du sel de tes larmes. 

Brigitte

Crédit photo : Angela

Sa présence est encore plus justifiée lorsque, lors du rappel, Brigitte entonne Palladium. Le duo, Brigitte, c’est une histoire d’amitié et cette chanson en est un chapitre. Palladium : c’est le nom de ce night-club de Pigalle où Sylvie et Aurélie se retrouvent avec leurs amies pour soigner leurs chagrins d’amour. La notion d’amitié habite Aurélie depuis sa petite enfance puisqu’elle n’a pas oublié Samia, Olivera, Gaoling et Bintou. Au cours d’une « petite chanson » de quelques secondes, elle évoque ses amies de l’école primaire. Et finalement, Paris clos le set de la soirée parisienne. 

 

 

Ces versions acoustiques font parfois perdre la gaieté des titres au profit d’un peu de mélancolie, comme pour Sauver ma peau. Quant à la salle parisienne, son cadre théâtral offre une atmosphère intimiste qui fait écho à leur rapport avec les spectateurs. Si Sylvie est plus discrète qu’Aurélie, Brigitte reste un duo qui aime s’ouvrir aux autres et noue un lien particulier avec les spectateurs. Lorsque le rideau tombe, ceux-ci ont le sourire aux lèvres, par contagion… 

Mais attendez ! Le public en redemande ! A cappella, Aurélie et Sylvie reviennent boire Encore un verre… Le dernier…

Brigitte

Crédit photo : Angela