
Hier soir à Montréal, il y avait Nick Mulvey au Studio TD, et j’en ressors avec un sentiment assez partagé. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Nick Mulvey est un auteur-compositeur-interprète britannique qu’on associe au folk moderne, aux rythmes acoustiques et à des influences venues autant du jazz que des musiques du monde. Un artiste subtil, chaleureux, dont les albums ont une vraie identité. Je l’apprécie depuis longtemps, et j’avais vraiment hâte de pouvoir enfin le voir en concert. C’est d’ailleurs ce qui rend ma déception encore plus grande.
La salle était bien remplie, preuve que Montréal compte un bon noyau de fans. En entrant, première impression : une scénographie très sobre, presque dépouillée. Quelques guitares, une lumière douce. Je me suis dit : ok, ambiance intimiste assumée, ça peut être très beau. L’atmosphère de départ était plutôt agréable.
Nick Mulvey est arrivé seul, souriant, chaleureux, avec cette simplicité qui le rend attachant. Il chante bien, il joue très bien, et il semble profondément habité par sa musique. Mais très vite, un constat : le concert serait extrêmement calme. Beaucoup plus calme que ce que j’imaginais après des années à l’écouter.
Il a réarrangé ses chansons dans des versions beaucoup plus lentes, très introspectives. L’intention artistique est belle : offrir une relecture, créer une bulle, inviter au recueillement. Sur une chanson ou deux, c’est même très touchant. Mais sur un set complet, d’une heure ou un peu plus, l’effet devient monotone.
Et je n’ai pas été le seul à le ressentir. Au bar, les discussions étaient étonnamment fortes. À plusieurs reprises, des spectateurs se sont retournés pour demander le silence. Ça donnait une ambiance étrange, presque comme un concert dans un café où les gens ne savent pas trop s’ils doivent écouter ou discuter. Plusieurs ont décroché, certains sont partis avant la fin. L’énergie ne passait pas, ni entre le public, ni vraiment entre l’artiste et la salle.
Je dois avouer que j’ai trouvé le temps long. Même les chansons plus rythmées comme “Mountain to Move”, “Fever to the Form” ou “Cucurucu” ont été réinterprétées dans ce même esprit lent et feutré. Résultat : j’ai eu l’impression d’écouter la même chanson pendant presque tout le concert. Je comprends son envie d’explorer un autre rythme, un autre espace sonore, mais la formule n’a pas pris hier soir.
Et c’est sans doute ça qui me déçoit le plus : ça faisait longtemps que je voulais le voir, je m’attendais à une soirée vibrante, intense, portée par ces rythmes singuliers qui font sa signature. Au lieu de ça, j’ai eu une performance introspective, trop monotone pour tenir toute une soirée.
Je garde malgré tout beaucoup de respect pour Nick Mulvey. C’est un artiste talentueux, sensible, sincère. Simplement, ce choix artistique très dépouillé n’a pas fonctionné pour moi dans ce contexte. Une soirée en demi-teinte, dont je me souviendrai surtout comme une occasion manquée.


