Ásgeir : Le poète venu d’Islande

Je ne sais pas bien pourquoi, mais à chaque hiver, dès qu’il fait nuit un peu tôt, j’écoute des musiques du Nord. Pas de Dunkerque mettons-nous d’accord, mais plutôt des pays nordiques. Je trouve que ça colle bien à la thématique. Comme lorsqu’on écoute des sons joyeux en été, j’aime écouter des sons mélancoliques en hiver.
Du coup hier soir, en sortant du boulot, sur ma playlist je tombe sur Asgeir. Je me suis rendu compte que je ne savais pas grand-chose de l’artiste. Comme à mon habitude, j’ai décidé de creuser et d’en faire un article !

L’isolement, vecteur de créativité

Ásgeir Trausti Einarsson (ne me demandez pas la prononciation, je ne pourrai pas vous aider sur ce coup), est né en 1992 sur une petite île au nord de l’Islande. Cela peut paraître fou, pour nous citoyens de métropole, mais l’île sur laquelle il a grandi ne comptait que 10 personnes. Entouré par la nature et la beauté de son archipel, Asgeir avoue pourtant “Je viens vraiment de l’isolement, de la désolation… Il n’y avait rien à faire et beaucoup de silence”.

Silence. Ce terme le marquera toute sa vie.

Asgeir

Asgeir confronté à sa solitude

Autour de ses 10 ans, il déménage sur l’île principale d’Islande, dans un village de 57 personnes. A 11 ans avec un ami, bercés par l’influence de grands classiques comme Johnny Cash ou Bob Dylan, il crée un groupe de musique. Il comble le silence qui l’entoure en jouant 6h par jour 7 jours sur 7. Il tiendra ce rythme jusqu’à ses 13 ans. A 16 ans il déménage sur la capitale islandaise pour finir ses études. Entre temps, il abandonne la musique et se passionne pour le javelot, qu’il devra arrêter à 17 ans à cause d’une blessure grave. Le phénomène electro-folk islandais fera alors son retour à la musique, décidément son seul exutoire pour faire face à son isolement.

La poésie au cœur de sa musique

Aidé par son père pour les paroles, poète reconnu en Islande, Asgeir sort en 2012 son premier album : Dýrð í dauðaþögn. L’artiste accorde beaucoup d’importance aux mots, et ses titres sont considérés comme profonds. Evidemment, je ne vais pas vous mentir, je ne comprends rien de ce qu’il dit sur cet album.

D’ailleurs, pour vous faire plaisir, je vous mets une de ses chansons en islandais ! Comme ça vous pourrez dire que vous savez à quoi ça ressemble :
(Pour ceux qui connaissent Bon Iver, je trouve qu’il y a une grosse influence, je ne sais pas si vous êtes d’accord)

Son album fait un carton en Islande et reçoit de nombreux prix, à tel point que 10% de la population se l’est acheté. Énorme succès donc. Le seul problème ? La musique islandaise a du mal à sortir du territoire, notamment à cause de sa langue incomprise par le reste du monde.

Place à la reconnaissance internationale

En 2013, encouragé par son succès et sa volonté de réussir en Europe, il sort un nouvel album “In The Silence”. L’isolement qu’il a ressenti étant plus jeune est au cœur de cette oeuvre. Cet album n’est autre qu’une adaptation anglaise de son précédent album afin de s’ouvrir internationalement. Sa musique étant grandement basée sur les paroles, il fait appel à un traducteur spécialisé pour retranscrire au plus près le sens de ses mots.

C’est alors qu’en 2014 que l’artiste viking commence à passer sur les ondes françaises, année où je l’ai découvert. Deux de ses titres m’ont particulièrement marqué, notamment par la beauté des paroles et la finesse de la mélodie. Je vous laisse les découvrir :

En 2017, Asgeir sortira son 2ème album international intitulé Afterglow. Vous pouvez bien évidemment l’écouter sur Youtube si vous êtes intéressés.

 

J’espère que l’artiste vous a plu en tout cas et que vous aimerez l’écouter en cette période hivernale !

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