Entretien avec Chinese Man

chinese man

C’est à l’occasion de la sortie de leur EP « Sho-Bro » que j’ai eu l’occasion et le grand plaisir de rencontrer les Chinese Man, lors de leur dernier passage à Paris.

Je suis leur parcours depuis plusieurs années maintenant et je suis toujours aussi bluffé par leurs productions. Très sympas, ils ont accepté de répondre à mes questions sur leur parcours, leur projet, leur conception de la musique électronique et leur label, le tout dans une ambiance sans prise de tête.

L’EP « Sho-Bro » est sorti hier, comment ça va ?
Ça va très bien ! Le clip était déjà sorti en exclu sur clique.tv donc on avait eu les premiers retours, mais on est content de l’accueil des gens.

Ça fait combien de temps que le projet est dans les tuyaux ?
Plusieurs mois. On a prévu de faire ça à la rentrée en septembre. On a fait la tournée d’été et on s’est mis dessus. Les remix, ça prend toujours un peu de temps pour réunir les éléments des copains.

L’exercice du remix c’est quelque chose de difficile ?
Quand on nous demande de faire un remix, c’est toujours très compliqué. Ça prend vachement de temps de se mettre d’accord tous les trois, car comme c’est une commande c’est un truc plus délicat. Tous les groupes ont des façons différentes de travailler, c’est un truc qui faut caler, ou qu’on t’impose à un moment donné, car ce n’est pas toi qui va chercher les mélodies de base, etc. Mais c’est toujours un super exercice, très intéressant.

Justement, comment se passe la composition à 3 ? Si vous sortiez tous les 3 un album solo, est-ce que ça sonnerait comme du Chinese Man ?
Ce qui est sur, c’est que ce que l’on produit à 3 a un vrai son et une vraie identité qu’on aurait du mal à reproduire indépendamment. Je pense que ce serait différent. Après par rapport à un groupe d’instrumentalistes, on ne se retrouve pas pour faire des bœufs, etc. Il y a un peu plus de travail préparatoire avant. Quand on se retrouve, c’est pour créer du son, mais on vient tous avec des idées. La vraie production se passe toujours à 3.

Chinese Man Records vs Chinese Man : c’est quoi la différence ?
Basiquement, t’as  Chinese Man Records qui est un label dans lequel t’as le groupe Chinese Man et d’autres groupes comme Deluxe, Scratch Bandits Crew, etc. Et t’as aussi les groove sessions qui sont des compilations de ce label-là à différentes époques. Sauf qu’au début ce qui a créé la confusion, c’est qu’il y avait que Chinese Man quasiment comme artiste (c’était un label d’artiste) et donc le groove session volume 1, c’était déjà une compilation des différents artistes du label, sauf qu’à l’époque on n’était que 2. Ensuite ça a évolué et d’autres groupes se sont ajoutés aux groove sessions.

On pourrait dire que les groove sessions c’est un peu vos mixtapes ?
Oui carrément, c’est ça.

Aujourd’hui le Chinese Man Records, c’est combien de personnes ?
Une dizaine au quotidien, entre l’administratif, les régisseurs, etc. et en nous incluant nous trois, car on est artistes, mais on est aussi impliqué dans la vie du label. Et ça peut monter à 30 personnes en période de tournée, en comptant les techniciens et les gens qui sont avec nous sur la route.

J’ai eu la chance de vous voir sur scène y’a quelques années. J’ai pris une grosse claque, mais je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en entrant dans la salle. Est-ce que ce serait juste des gars derrière une platine, est-ce qu’il aurait du monde sur scène, etc. C’est quoi pour vous être un DJ ?
C’est de ne pas être DJ en fait. Le DJisme, c’est une technique qu’on utilise, mais l’idée c’est justement d’arrêter de faire des DJset ou tu jouais des morceaux à toi, des morceaux des autres et tout ça. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que notre carrière de DJ elle est carrément différente de notre travail avec Chinese Man. Car on peut faire des mix pour le label, on va faire des soirées tous seuls et parfois des DJset à 4 platines, mais on n’a plus vraiment la vie de DJ, car on a choisi à un moment donné de faire du live, parce qu’on n’avait pas envie de finir en club à 3h du matin. Notre univers c’est plus les salles de concert et on veut aussi jouer notre musique sur scène. Donc aujourd’hui la vraie question c’est de savoir comment tu te positionnes en tant que musicien électronique, comment tu fais évoluer le truc par rapport au fait qu’effectivement maintenant on a la possibilité d’avoir des musiciens sur scène, donc on va pouvoir vraiment faire évoluer notre musique complètement vers du live. Je pense qu’avec Chinese Man on trouvé une formule qui nous convient bien qui est de partir de notre musique en empruntant à la fois au live, à la fois au DJ set et de mixer tout ça.

Si je viens vous voir 2 fois d’affilées sur une même tournée, est-ce que je verrai le même concert ?
Faudra regarder dans le détail. Le gros du set à priori, peut ne pas changer si c’est le même temps de jeux, que le jour même ça nous a plu, que la playlist a bien roulé et qu’on prend la même le lendemain, etc. Sauf que si tu analyses chaque passage, rien ne sera pareil par rapport à la veille. Si tu regardes les cut, si tu regardes les scratchs, ce ne seront pas les mêmes. Nous on garde une part de hasard et on peut manquer des morceaux en fait. Mais quand t’arrives dans un festival où t’as 50 minutes pour jouer devant 15 000 personnes, soit vraiment tu t’en fous et t’y va complètement à l’arrache, mais nous en plus avec les vidéos et tout, tu ne peux pas te permettre de te louper.  Pour la mise en place, la lumière et tout le reste, t’es quand même obligé d’être carré. Il faut un cadre qui est solide pour s’assurer que ton set ne sera pas pourri, mais il faut aussi garder une marge d’impro parce que des fois tu vas être dans une énergie, le public va être en réponse avec toi, etc. Heureusement d’ailleurs qu’il y a cette part que tu ne contrôles pas, sinon ce serait vraiment chiant.

C’est quoi votre meilleur souvenir sur scène alors ?
Y’en a plein… Le Zenith à Paris, la dernière date de la tournée des 10 ans c’était vraiment cool. Parce que c’était une immense salle avec plein de monde, parce que c’était un mois assez intense et que là on libérait la pression, etc. Si tu me demandes demain peut-être que je te dirais autre chose, mais là c’est le premier qui me vient.

Et le pire ?
On a eu de bonnes galères l’été dernier quand même… Problème de vidéo, etc. Mais bon le pire des fois peut devenir un bon souvenir avec le temps. Coupure d’électricité au Solidays en plein milieu du show c’était moyen par exemple. Mais les MC qui improvisent pour sauver le truc, ça devient trop bien. Sur le coup on a un peu badé quand même. Sur scène c’est souvent des bons souvenirs quand même, c’est plus les à-côtés où c’est parfois galère.

ChineseMan_ShoBro

C’est quoi vos projets en cours ?
On va faire une grosse tournée d’été, avec Solidays justement (pour récupérer nos 10 minutes de l’an dernier !). 4 dates en Allemagne, 6 en Angleterre et le Trianon à la rentrée sur une série de dates en novembre.

Où est-ce qu’on peut vous suivre ?
Sur Chinesemanrecords.com, Facebook, Twitter, etc. C’est vraiment nous, pour de vrai.

Le mot de la fin ?
Le 18 mai on sort l’album de Scratch Bandits Crew sur notre label et le groupe sera en tournée dès le mois de juin !

2 réflexions au sujet de « Entretien avec Chinese Man »

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