MGMT – Little Dark Age

MGMT

Après cinq années d’absence, le duo MGMT revient pour nous faire découvrir leur quatrième album, Little Dark Age. Le groupe avait apparemment besoin d’une pause pour faire le point sur la suite de leur évolution après l’accueil plus que mitigé réservé à MGMT, opus plus conceptuel et difficile d’accès que ses prédécesseurs. Cependant, on remarque avec leur petit dernier qu’ils sont loin d’en avoir fini avec les expérimentations musicales, quitte à s’y perdre à certains moments.

Ce que l’on peut affirmer d’entrée est qu’Andrew VanWyngarden et Ben Godwasser ont clairement puisé dans les trésors des 80s lors de la composition de leurs titres. Cela se ressent dès le seuil du disque avec She Works Out Too Much, morceau dansant semblant tout droit sorti d’un jeu vidéo old school. L’univers se fait disco et assez sympa, l’ensemble est déroutant, mais plutôt séduisant après deux ou trois écoutes. En revanche, le duo de Brooklyn pousse le bouchon plus loin avec d’autres chansons comme TSLAMPJames et Days that Got Away, où la surproduction a un effet déplaisant et fait penser à un fouillis, voire parfois à une cacophonie. Ces trois titres sont les seuls de l’album auxquels on peut reprocher un certain mauvais goût. One Thing Left to Try échappe de peu à cette étiquette, mais le morceau est sauvé grâce à sa deuxième partie beaucoup plus harmonieuse et élégante que la première.

Au final, les titres les plus réussis sont principalement les singles. Le morceau éponyme, découvert il y a déjà plusieurs mois, est sans conteste l’un des meilleurs composés par le groupe depuis longtemps. Sombre, séduisant et énigmatique, il a tout pour plaire. Il révèle une facette de MGMT qui était jusqu’alors inconnue : ils peuvent écrire autre chose que des titres super énergiques et savent manier les mélodies plus obscures. Cela s’entend également sur When You’re Little, autre merveille de l’album. En décalage avec le reste de l’opus, car plus profond, grave et sérieux, l’atmosphère gloomy de la chanson ainsi que le travail sur la voix d’Andrew rappellent beaucoup I love you too, death, titre issu du troisième album. La gravité du morceau peut aussi s’expliquer par les paroles, qui fait une comparaison entre la machine à tubes qu’était MGMT à leurs débuts et le caractère volontairement inaccessible que le groupe s’est forgé par la suite. Tous ces éléments rendent ce titre particulièrement intéressant. Quant aux singles Me and Michael et When You Die, ils jouent tous les deux sur un effet de décalage : le premier transforme une chanson d’amour cheesy en hymne ambigu et punchy en modifiant le “me and my girl” traditionnel ainsi que par l’instru électro très dynamique, tandis que le second allie une musique très candide à des paroles mordantes. Les mots sont simples, mais en même temps pleins de charmes : « I’m not that nice, I’m mean and I’m evil. Don’t call me nice ». Enfin, l’album s’achève sur un autre single, Hand It Over, qui permet de terminer Little Dark Age sur une touche de douceur avec son atmosphère planante qui nous fait complètement rêver.

Malgré une certaine hétérogénéité de ce quatrième opus, on peut toujours considérer MGMT comme un groupe talentueux ayant un grand désir de se renouveler à chaque album : Little Dark Age séduit, intrigue et nous fait nous questionner. Que l’on accroche à toutes les chansons ou non, il faut reconnaître le caractère exceptionnel de certaines d’entre elles ainsi que saluer la cohérence du disque dans sa conception. Une chose est sûre, le groupe est aussi passionné et créatif qu’au premier jour, si ce n’est plus.

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