Trip Hop : aux origines du genre musical le plus mélancolique des années 90

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Dans le Bristol des années 1990 émerge un style musical planant, mélancolique et calme, mélange de hip-hop et d’electronica. Le Trip Hop apparaît avec des groupes comme Portishead et leur mythique Glory Box, Massive Attack, Tricky, ainsi que DJ Shadow.

Le terme « Trip Hop » vient de la presse musicale, qui avait la volonté de classifier cette fusion des genres. La recette, pourtant très simple, est déclinable sous d’innombrables formes : une base hip-hop soutenue par une rythmique, sur laquelle toutes les influences peuvent venir se greffer. Dub, house, dance, jazz, soul, bossa nova… tout y passe.

Ce refus de l’uniformité se retrouve dans l’évolution du genre. Dans les années 2000, son influence irrigue des morceaux d’Antimatter, Gorillaz, Dub Pistols, Gotye ou Selah Sue, mais aussi les ballades de l’album Born to Die de Lana Del Rey. Le Trip Hop n’est pas simplement une musique que l’on écoute : c’est une expérience auditive qui provoque des émotions. Son utilisation s’est depuis répandue jusqu’au cinéma et à la publicité, notamment dans le film Réparer les vivants, dont la bande originale composée par Alexandre Desplat s’appuie sur Hammers de Nils Frahm, un solo de piano qui plonge immédiatement dans l’atmosphère du film.

L’émotion transcendante du Trip Hop se retrouve aussi dans des paroles désabusées, qui traitent d’occasions ratées, portées par des rythmes nourris d’apports multiples. L’atmosphère installée rappelle une après-midi pluvieuse dans une ville industrielle, comme l’était Bristol dans les années 90. Une mélodie intemporelle, qui vient creuser ses sillons d’émotion à même le corps de l’auditeur.