Le Festival des Festivals : Un festival sous #COVID19

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À cause du désormais très connus COVID-19, les festivals estivaux ont un à un quitté la piste, forcé de remettre à plus tard, ou à abandonner définitivement. Le site de Saint-Cloud accueillant tous les ans Rock en Scène accueille cette année une version abrogée, raccourcie, modifiée et adaptée : Le Festival des Festivals. Visage masqués, distanciation sociale et gel à outrance, comment s’organise un festival en 2020 ?

Un été sans festival, inédit pour la France, pays qui réunit habituellement plus de 2000 festivals chaque année et des millions d’habitués des vibrations magiques des lives. Artistes privés de public, publics privés d’artistes, product.eur.rice.s, régiss.eur.euse.s, technic.ien.ienne.s, intermittant.e.s en tous genres, tous mis au point morts, forcés de ranger le matos et de tirer le rideau. Rock en Scène, après avoir longtemps espérer passer entre les mailles du filet, doit finalement baisser les armes et annoncer son annulation. “Quand les frontières se sont fermées, Rock en Scene étant un festival qui programme en belle majorité des artistes anglo-saxon, on savait qu’on n’arriverait à monter notre programmation et à tenir notre festival. Donc on s’est posé autour d’une table et on s’est dit qu’il fallait trouver un moyen de se réinventer, de se projeter, d’imaginer une autre manière de faire un festival” confie Ruddy Aboab, co-programmateur de Rock en Scène et directeur musical de Radio Nova, que l’on a pu rencontrer. Pour tenter de combler les ventres creux, et redonner aux artistes le frisson les foules, l’idée d’un festival unique germe au sein de l’équipe de Rock en Scène. Il s’associe à Didier Varrot, directeur musical des antennes de Radio France pour monter un projet inédit, accueillit par Rock en Scène sur le site de Saint Cloud : Le Festival des Festivals. Un évènement qui leur semble indispensable, vital pour l’industrie musicale.

À l’honneur, la scène française et francophone. Mis à part les questions relatives aux déplacements limités des artistes étranger.ère.s jusqu’à la France, il s’agit d’un choix assumé. “Non pas par chauvinisme mais parce que c’est aujourd’hui la scène principale autour de nous qu’il faut aider à remettre sur scène face à un public, et c’est avant tout par ça qu’on commencera à essayer de ramener un peu de live sur scène”. Pour satisfaire le public, combler les manques, les deux programmateurs garde un autre postulat en poupe : la programmation doit être variée, donner un aperçu de ce que les festivaliers auraient pu trouver dans toutes les programmations de tous les festivals français “et donc qu’il y ai à la fois de la musique très populaire, de la variété, de la pop, du rock, du rap, les musiques du monde ect”. En effet, on a pu y trouver un Philippe Katerine à plumes et à paillettes, un duo de Charlotte Gainsbourg et Sebastien Tellier -qui avouent leur envie commune de travailler ensemble- un Hatik qui agite la foule, Christine and The Queens en feu ou un Benjamin Biolay qui, malgré un problème technique, offre une voix sublime sur Comment est ta peine.

Evidement, les conditions sanitaires ne permettent pas de retrouver le contact bondissant d’une foule compacte. Ce sera 1500 personnes maximum, assises et masquées. Si les distributions de masques colorés sont un véritable succès (on s’arrache les violets, peste contre les verts), danser tout en restant dans le périmètre de sa chaise reste moins amusant. Les concerts sont retransmis en direct sur France 2, et c’est donc plutôt à une émission que l’on assiste. Une étape intermédiaire entre les lives-vidéos, qui faisaient fureur pendant le confinement, et le retour aux salles. Une solution que Ruddy Aboab salue, encourage, mais n’imagine pas à long terme : “Ça a été une bonne solution je pense, pendant un mois, deux mois. Mais le live ne peut pas vivre de cette manière là. Le live c’est avant tout un artiste, sur une scène, face à un public, de manière vivante. En tout cas, moi, je ne vois pas du tout l’avenir du live comme tous derrière nos écrans à ne pas partager des émotions, ne pas vivre quelque chose d’organique“. On est bien d’accord.

Pourtant, même si l’émotion n’est pas la même, même s’il existe une certaine frustration, une envie d’arracher son masque et de quitter sa chaise, le public et les artistes sont tous traversés par un sentiment commun : L’émotion, la joie de retrouver la scène, la fosse, la musique live, après des mois de privation. Et comme le dit si bien Ruddy Aboab : “Soyons un peu patient et rêvons du futur et de la suite avec espoir“.

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