Sevdaliza l’étonnante chanteuse éléctro-pop et son nouvel album Shabrang

Sevdaliza 2020

Mystérieuse, fascinante et énigmatique, Sevdaliza, chanteuse venue de Rotterdam née à Téhéran sort son deuxième album (couverture ci-dessous) Shabrang. Artiste à part entière ses concerts sont de véritables performances, expériences, son univers immense nous envahit à chaque morceau, tant son imagination est débordante. Elle à presque autant de clips que de titres, ou au moins une image, une idée pour chaque son.

Sevdaliza 2020

Destinée à courir les terrains de sport aux côtés de l’équipe nationale de Basketball des Pays-Bas, Sevdaliza choisit finalement une autre vie. Elle apprend seule à chanter, écrire, composer, produire … Entièrement indépendante, lorsqu’elle ne sait pas faire quelque chose, elle l’apprend, ou qu’elle s’intéresse à un nouveau domaine, elle se l’approprie. Elle parle à peu près cinq langues dont l’anglais, le portugais et le français et le perse.

A ses six ans elle fuit l’Iran pour Rotterdam, ses parents acquièrent le statut de réfugiés politiques. Née en 1987 elle se lance dans la musique en 2014, elle a alors 25 ans. Jusqu’ici on lui compte deux EPs sortis en 2015 The Suspended Kid et Children of Silk et un premier album Ison en 2017. Sa musique et son processus d’écriture, de construction de ses morceaux sont complètement instinctifs. Elle dit qu’elle écoute son inspiration et son imagination, en sort un premier jet et façonne sa musique au fur et à mesure de ce qui lui vient. Si elle crée de façon réfléchie, si elle anticipe, ça ne lui plaît pas.

Sorti en 2016, le morceau Human rencontre un certain succès, bien qu’à mes yeux ce ne soit pas le plus représentatif de son monde.

Son objectif est bien entendu, de faire ce qu’elle aime mais surtout, de s’exprimer en transmettant les émotions qu’elle ressent à travers sa musique. Sevdaliza précise qu’en transformant ses émotions en quelque chose de réel, d’audible, de concret, elle peut ainsi toucher d’autres personnes, voire leurs faire ressentir ce qu’elle a ressenti en faisant un album ou un morceau.

Quand elle parle d’Ison, elle le décrit comme une longue thérapie. Son travail est extrêmement personnel, toujours intimement relié à elle. Shabrang son dernier album sorti vendredi 28 août, est plutôt selon ses propres dires, comme une lettre à elle-même. Plus précisément Shabrang est pour elle le voyage de la découverte de soi-même. C’est trouver son amour propre et trouver la paix à travers tout le chaos dans le monde. Cet album lui a permis de retrouver sa confiance en la vie et l’amour comme elle le dit lors d’une interview. Elle a également voulu apporter lumière et espoir à ceux qui écouteront cet opus. Ses influences éléctro, pop, trip hop et RnB forment un résultat profond et léger à la fois, envoutant, mystérieux et très émouvant.

Vous l’aurez compris la musique de Sevdaliza est chargée de symboles, de sensations, d’émotions, et est fortement liée et inspirée par la culture iranienne. Je ne m’étendrai pas sur ce point, le connaissant très mal. En tout cas de façon plus universelle, sa musique est spirituelle. Elle nous pousse à nous redécouvrir nous même, et à écouter ce qui est enfoui en nous. Quelque chose qu’elle tient à ce qu’on sache sur sa musique c’est qu’elle souhaite qu’en l’écoutant, on s’ouvre à elle mais surtout que l’on regarde son histoire, son vécu et que par le constat du parcours de Sevdaliza, on soit encouragé à nous écouter nous même et à suivre ce que l’on ressent, que l’on se fasse confiance et que l’on suive notre instinct.

Les morceaux qui m’ont le plus touchés dans Shabrang sont sans hésitation Habibi, Oh My God (clip ci-dessous), Joanna, Gole Bi Goldoon et Darkest Hour. Pour un avis plus général sur l’ensemble de sa discographie, Ison est un excellent album aussi. Les visuels sont toujours époustouflants.

Seul bémol, la charge qui se dégage de l’univers et de la musique de la chanteuse peut parfois être pesante, voire étouffante. Je ne conseillerai pas une écoute intensive ou répétitive de sa musique si l’on se trouve dans une phase de manque de moral ou tout autre état quelque peu “négatif”. Bien entendu ce n’est que de la musique, et cette observation n’engage que moi.

Toujours est-il que Sevdaliza dispose d’un talent et d’une vision des choses et de la musique qui me paraissent très enrichissants. Ses morceaux marquent, et sont d’une beauté singulière, propre à leur auteure. Pour ceux qui souhaitent en voir davantage sur le travail de Sevdaliza, vous pouvez allez voir The Formula, un court-métrage qu’elle a réalisé il y a quatre ans.

 

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