Le festival de l’île de Wight par Bernard Rouan

Quoi de mieux, face à l’annulation de la plupart des festivals que de se replonger dans ceux qui ont fait vibrer des foules et sauter des cœurs auparavant ? En attendant de savoir exactement quand nous pourrons à nouveau pogoter dans des salles pleines à craquer, la galerie Rouan, nichée dans le marais, propose de s’envoler un moment vers une petite île de la Manche, pour y revivre un festival mémorable.
Avec les morts successives de Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison -chanteur des Doors-, la séparation des Beatles et l’apparition, entre autres, d’Elvis Presley et du groupe Queen qui bouleverseront les règles du genre, le début des années 70 marquera un tournant dans l’histoire du rock n’roll. Juste avant ça, sur la côte ouest d’une petite île anglaise et sous le soleil de l’été 1970, prend place la dernière édition du festival de Wight, qui renaîtra plus tard, en 2002. Considéré comme le plus gros événement musical de l’époque après Woodstock et comme l’une des dernières grandes réunions hippies, il se présente comme l’apogée et la fin d’une ère. Selon le Guinness Book, 600.000 à 700.000 personnes assisteront à ce week-end historique. Parmi eux, Bernard Rouan qui a immortalisé cette longue fête.
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Entre témoignage d’une jeunesse de la fin des sixties et véritables archives d’un événement majeur de la scène rock, ses photographies nous transportent dans l’ambiance toute particulière que la programmation de folie offrait aux festivaliers. Jimi Hendrix, Leonard Cohen, The Doors, The Who, Joni Mitchell, Joan Baez, Kris Kristofferson, Supertramp, Gilberto Gil, Hawkwind, Melanie, Miles Davis, Donovan, Richie Havens et tant d’autres noms qui frapperont les grands amateurs de rock, jazz, folk et autre d’une profonde nostalgie. Cette exposition trace des portraits personnels, pris sur le vif des prestations mythiques des plus gros noms de cette programmation faramineuse. Avec l’intention minutieuse qu’il porte au cadrage, au mouvement et à la profondeur, le travail de Bernard Rouan, en plus de l’être d’un point de vue historique, est remarquable par son esthétisme, et offre un regard privilégié au plus près des artistes.
Pattes d’eph, foulards, colliers de perles et cheveux longs, on découvre une foule de jeunes hippies, la clope au bec, allongés dans l’herbe ou agglutinés devant la scène, adorant leurs idoles. Si les clichés sont en noir et blanc, on s’imagine sans aucun mal les couleurs pimpantes de leurs vêtements, et l’éclat joyeux des foules sous le ciel bleu du mois d’août.
Les nostalgiques de ce temps pourront venir s’y recueillir quand les plus jeunes y trouveront le souvenir vivace et intime d’une époque qu’ils souhaiteront avoir connu.
Et les plus enthousiastes pourront repartir avec le catalogue de l’exposition pour 96 pages de photographies, et 29€ !
A la Galerie Rouan, 3 rue Perrée, 75003, Paris
Jusqu’au 31 août 2020
Ouvert du mardi au vendredi de 14:00 à 19:00 et le samedi de 11h00 à 18h00

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