Fontaines D.C., JARV IS, NZCA Lines… Les albums du mois de juillet

Il est temps de revenir sur les albums qui auront marqué ce mois de juillet. Généreux, il nous laisse un superbe panel d’albums à faire tourner en boucle. Fin prêts à accueillir un mois d’août bouillant.

A Hero’s Death – Fontaines D.C.

Une niaque arrogante, un franc parlé euphorisant et des rythmes frénétiques offraient à Dogrel son succès immédiat. Après un premier album adoré, félicité, le retour de Fontaines D.C. un peu plus d’un an après représente un véritable test. Surprendre ou décevoir, évoluer ou piétiner. Pari réussi haut la main. Loin des sentiers qu’ils ont déjà battus, les Dublinois s’affranchissent de leur devoir de satisfaire. Ils ne font pas ce que l’on attend d’eux, ils font mieux. 11 titres à la production plus précise, qui oscillent entre la rage au cœur qu’on leur connait et douceur étonnante. Les guitares gagnent en liberté et spectaculaire, la voix de Grian Chatten s’étoffe et s’élance dans des aigus maîtrisés aussi bien qu’il explore des graves tendres et mélodieux à souhaits. Sans pour autant que l’on perde l’authenticité essentielle du groupe. Un disque ardent qui confirme leur talent et les érige en personnages incontournables de la scène rock actuelle.

Beyond The Pale – JARV IS

Depuis presque dix ans Jarvis Cocker, iconique leader de Pulp, se faisait bien discret. Ce mois-ci le génie ressort de sa lampe pour réaliser quelques tours de magie. Sept vœux pop aux influences psyché et électro. Sérafina Steer, Andrew McKinney, Emma Smith, Adam Betts et Jason Buckle complètent le sextuor de JARV IS pour Beyond The Pale, un album agréablement surprenant. Issu d’une composition sagace, touche à touche à la façon d’un impressionniste, le tableau prend forme. C’est en recule qu’il s’offre dans toute sa splendeur. Mais il faut s’y plonger plus profondément pour que se dévoilent les fragments implexes. Ce qui apparaissait beau par sa simplicité se révèle superbe par sa subtilité. Le travail acharné du détail, de l’élément en sous-couche qui donne à l’oeuvre toute sa consistance.

Pure Luxury – NZCA Lines

Pure Luxury n’est finalement pas un titre trop ambitieux pour cet album coruscant. Un petit bijoux explosif. NZCA Lines dévoile un troisième épisode riche d’une créativité débordante. Pop, rock, groove, les influences sont nombreuses et s’accordent avec joie. Les perles s’enfilent comme les morceaux défilent, liées par des lignes électro grisantes. Formes abstraites aux reflets subtiles menées par la voix malléable de Michael Lovett. Dans ces plus belles aspérités – For Your Love, Opening Nights, Larsen– guitares ou synthés s’envolent gracieusement, mais sans afféterie. Un projet festif qui nous perd et nous rattrape dans une danse folle. Rien n’est de trop et l’on voudrait que la fête dure quelques heures de plus.

Cloud Factory – Cloud Factory

Ni pincettes ni faux-semblants. Impossible de prendre de côté cet EP qui percute de plein fouet. Direct et 100% honnête, toutes les portes sont enfoncées sans détours. Plus revanchard que brutal, le premier opus de Cloud Factory trace les affres d’une passion malsaine mourante. “You ran out the first to hit me where it hurts”. Dès les premières secondes d’Amnesia qui ouvre la danse, nous sommes propulsés sur le ring. La tendresse s’incline face à une colère victorieuse. Pourtant, il n’en ressort aucune agressivité. Plutôt le plaisir d’une revanche savourée à chaud. Porté par une énergie combative contagieuse, le groupe toulousain remporte ce premier round avec brio.

Ultimate Succes Today – Protomartyr

“Y’a plus qu’à gueuler” semble nous dire Ultimate Succes Today. Dans ce nouvel album, Protomartyr livre une diatribe sociopolitique en dix titres post-punk. Entre pandémie mondiale et violences policières, le groupe expose une rage, un dégoût face à l’état des lieux dramatique. Percussions tendues et mélodies nerveuses rendent le ras-le-bol palpable. S’il est défaitiste et sombre, ce dernier effort reste néanmoins la plus belle réussite du groupe. Guitares acérées, batterie galopante et lignes de basse répétitives forment l’écrin parfait des scansions tendineuses de Joe Casey. S’y ajoute un saxo sporadique qui apparaît comme un caresse sur la violence. Avant de finir sur le fatidique Worm In Heaven, dernière révérence avant le tomber de rideau. Un renoncement qui souhaite mieux pour ceux à venir.

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