Kokoroko : La relève afrobeat londonienne

Il faut absolument que je vous parle de ma découverte. La semaine dernière, comme à mon habitude, je traînais sur internet en écoutant de la musique, quand soudain… Je tombe sur un morceau tout simplement exceptionnel. Dans un premier temps, vacant à mes occupations, je ne remarque même pas le titre. Lorsque je me suis arrêté un instant, je me suis rendu compte du chef-d’oeuvre sur lequel je venais de tomber. Je pense honnêtement que je n’avais pas fait une telle découverte depuis de longues années, j’étais absorbé par ce que j’écoutais : Kokoroko.

Avant même de vous parler de ce groupe, prenez le temps d’apprécier le fameux titre dont je vous parle. La mélodie est mélancolique, la guitare trouve une harmonie parfaite dans cette ambiance particulière, les cuivres sont d’une beauté incroyable. Cette musique est un voyage dont on ne veut pas voir la fin !

Très peu d’informations sont disponibles à propos de Kokoroko malgré leur 15 millions de vues sur Youtube. Je pense même que l’article que j’écris est le premier papier français “complet” sur ce groupe. J’ai fait de nombreuses recherches pour trouver des informations, et j’ai fini par trouver quelques éléments de réponses à vous fournir !

Kokoroko, un projet issu de la sous-représentation de l’afrobeat

Afin de mieux comprendre les racines du groupe, il faut que je vous explique ce qu’est l’afrobeat. L’afrobeat n’est autre qu’un mélange de musique traditionnelle nigérienne, de jazz, de funk, de chant et de percussions. Ce style s’est popularisé en Afrique de l’Ouest dans les années 70.

Sheila Maurice-Grey

Tout a commencé avant 2016 lorsque Sheila (trompettiste – leader du groupe) et Onomé (percussionniste) étaient au Kenya. Ils avaient entendu un groupe londonien jouer de l’afrobeat et étaient assez déçus. Selon eux la vibe était étrange, la foule ne réagissait pas à ce style, et la musique avec laquelle ils avaient grandi était “maltraitée”. S’ajoute à cela le fait que très peu de personnes d’origines africaines composaient la foule ou le groupe en question. C’était décidé, ils allaient monter leur groupe et transmettre l’héritage des grands artistes afrobeat (Fela Kuti, Ebo Taylor, Tony Allen) à la scène britannique.

Sans jamais perdre de vue son objectif de faire découvrir la musique d’Afrique de l’Ouest et ses trésors, Sheila a fini par trouver les membres de son groupe. Aujourd’hui Kokoroko se compose de 8 membres, dont la partie cuivre est composée exclusivement de femmes (3 au total). Le groupe enfin au complet, le projet pouvait prendre son envol. Ils tombèrent d’accord pour s’appeler Kokoroko qui signifie en Urhobo, dialecte du sud nigérien, “être fort”.

 

Les débuts sur la scène Jazz Londonienne 

En 2016 et 2017, Kokoroko enchaîne près de 20 scènes jazz, dont un grand nombre sur la scène londonienne. N’ayant toujours pas enregistré d’album, ils performent des titres et sonorités qui ont bercé leur enfance. En participant à ces nombreuses scènes jazz, le groupe a su se faire un nom dans ce milieu restreint. Ils se sont notamment fait remarquer grâce au trio féminin cuivre, qui, comme pouvez le constatez ci-dessous, est excellent !

La consécration : l’album “We out here”

2 ans ont amplement suffi pour montrer leur talent. Il était désormais temps de sortir un album. C’est donc en 2018 que Kokoroko finira par produire “We out here”, composé de 9 morceaux que vous pouvez retrouver ici. Vous l’aurez donc compris, le style du groupe est très orienté jazz. Cela se ressent sur cet album. Je ne suis pas forcément un grand fervent du jazz mais ce qu’ils proposent est top. Je vous conseille de l’écouter.

J’ai constaté qu’il y avait une énorme disparité de notoriété entre les titres de cet album. Alors que la plupart des morceaux de l’album restent en dessous de la barre des 100 000 vues sur Youtube, Abusey Jonction (le titre qui m’a poussé à écrire cet article) en comptabilise plus de 15 millions. Je le répète une nouvelle fois, ce titre est à mes yeux un chef d’oeuvre ! Pour la peine je vous mets ci-dessous une performance live histoire de vous quitter sur une bonne note (sans mauvais jeu de mots).

 

J’espère que ma découverte vous a plu et que vous allez comme moi, écouter ce titre en boucle pendant des jours !

2 réflexions au sujet de « Kokoroko : La relève afrobeat londonienne »

  1. Bonjour Lucas,

    We Out Here n’est pas un album de Kokoroko mais une compilation produite par Brownswood, le label de Gilles Peterson. Chacun des 9 titres a été enregistré par un groupe différent !

  2. Hello Lucas, quand tu parles de musique traditionnelle nigérienne et de sud nigérien, je pense qu’il est plutôt question du Nigéria (et non du Niger) 😉 Bonne trouvaille en effet !

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