Shame, le nouveau groupe anglais à suivre de près

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Voici un groupe made in England qui prouve une fois de plus que les Anglais savent parfaitement y faire dans le domaine du rock’n’roll. Shame ont su se forger une réputation explosive par leurs excellentes performances live, et leur premier EP Songs of Praise, sorti le 12 janvier dernier, ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà : le jeune groupe londonien est tout simplement excellent.

Il suffit d’une seule écoute pour se rendre compte que chaque titre de cet opus est une merveille. Ils sont tous un concentré d’énergie brute, arrogante et brillante. Ce qui saute automatiquement aux oreilles, c’est que la vraie force de la formation est la voix du chanteur Charlie Steen, dont le timbre est particulièrement grave. Cela se ressent en particulier sur le premier titre, Dust On Trial ; Charlie joue avec nos sens en alternant les murmures, les cris puissants, les passages parlés qui mettent particulièrement en valeur sa voix rauque.

Sa puissance et sa maîtrise sont impressionnantes. The Lick, l’un de mes plus gros coups de cœur sur ce disque, souligne le caractère incroyable de sa voix. Elle se fait grave, sensuelle et hypnotisante sur les couplets et plus légère sur les refrains, et l’alternance entre ces deux modes fonctionne parfaitement ; le final est par la suite explosif et complètement captivant par sa force et son énergie.

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Si la voix de Charlie est le principal atout de Shame, notons quand même le grand talent du reste du groupe. Chaque morceau est puissant et brut sans jamais devenir brouillon. On peut noter par exemple le riff incroyablement entraînant de Friction, tandis que Lampoon est un concentré d’énergie qui nous emporte dès les premières secondes. D’autre part, il faut saluer la qualité des paroles du groupe ; leurs titres sont souvent teintés d’un certain cynisme, d’une fougue et d’une nonchalance tout à fait séduisants. Par exemple, on ne peut pas résister très longtemps à l’envie de bouger au rythme entraînant de Concrete et de scander son refrain aux allures d’hymne. Il a quelque chose d’assez nihiliste dans ce « no more questions » martelé à plusieurs reprises qui fait penser aux dernières paroles de God Save The Queen des Sex Pistols : « no future ». Quant à One Rizla, il peut être considéré comme un pilier de l’album par ses mots qui semblent totalement définir l’identité du groupe. « My nails ain’t manicured/My voice ain’t the best you’ve heard/And you can choose to hate my words/But do I give a fuck ? », ou la défiance à l’état pur. Shame nous prouve cependant que tout n’est pas traits d’esprit et morceaux rageurs en terminant l’opus sur une ballade de qualité, Angie. Le groupe est capable de douceur aussi bien que d’agressivité.

Songs Of Praise est l’une des plus belles surprises de ce début d’année. Il s’agit d’un premier album plein de fougue, de passion et de belles promesses pour l’avenir de Shame dont nous n’avons certainement pas fini d’entendre parler. Le rock a de très beaux jours devant lui.