Mes albums favoris du mois de juin

Premières grandes chaleurs, premières cerises et parcs bondés, l’été est revenu ! Et il nous a rendu les terrasses ensoleillées, les cinémas, les musées, les théâtres et surtout, la musique. Si l’industrie était presque à l’arrêt durant tout le confinement, elle est bel et bien repartie en beauté, pour notre plus grand plaisir ! Je vous parle tout de suite des albums que j’ai préféré écouter en attendant les vacances.

Sideways To Italy – Rolling Blackouts Fever

 Le groupe australien Rolling Blackouts Coastal Fever revient ce mois-ci pour un deuxième album Sideways to New Italy, qui donne méchamment envie de retrouver au plus vite les fosses pleines à craquer. À travers un premier EP (Talk Tight) en 2016 puis un second (The French Press) en 2017 et un premier album en 2018, ils avaient fini par tracer leur sillon avec un genre qui se trouve quelque part entre le rock, la pop et l’indie et qui rappelle explicitement certaines pépites des années 80. Pour ce nouvel album, le quintet offre une composition rythmée, dansante, animée par des solos de guitare brillants, et des mélodies et harmonies qui coulent de source. Un album qui marque et affirme le style des Melbourniens, et vous fera bouger les hanches sans que vous puissiez le contrôler.

Et, bonne nouvelle ! Ils joueront sur la scène de la Maroquinerie le 24 mars 2021, courez-y.

Forever – Starchild & The New Romantic

C’est en 2017 que je découvre Starchild & The New Romantic, de son vrai nom Bryndon Cook, lors de sa collaboration avec le génialissime Devonté Hynes AKA Blood Orange. Les deux hommes avaient, pour un titre (Hymn) où leurs voix s’allient comme celles de deux frères, créé un groupe : VeilHymn. Après un premier EP, Crucial, très riche mais un peu bordélique, l’artiste connu aussi comme le guitariste de Solange s’était fait remarqué en 2018 avec son premier album Language qui puisait son inspiration notamment chez Sade et Prince, s’inscrivant parmi les artistes Rn’b à suivre avec attention. Et si son album suivant, VHS 1138 sera plus ou moins passé sous silence, Forever, sorti ce 19 juin, ne peut être ignoré. Avec 10 titres aussi joyeux que mélancoliques, liés par un groove sensuel et unique, Forever modernise la musique soul et offre 33 minutes et 30 secondes qui réconcilient les nostalgiques adeptes du « c’était mieux avant », et les défenseurs de la nouvelle scène.

GENE – LA Priest

Éclatant dans le groupe Soft Hair où il s’unissait le temps d’un album à Connan Mockasin, LA Priest revient en solo cinq ans après son dernier album, Inji. Si les fans s’impatientaient, l’artiste n’a pas chômé. Il s’est confiné pendant près de deux ans pour construire ce nouvel album qu’est le superbe Gene. Construire littéralement, puisqu’il a créé de ses propres mains la boite à rythme qui prête son nom au disque, et son image à la pochette. De cette boîte à rythme, Sam Eastgate de son vrai nom, tire un album plein de couleurs et de contrastes, totalement détraqué mais totalement maîtrisé. Des sons uniques, nouveaux, inattendus comme on les aime, une folie qui lui est propre et une bonne humeur acide et contagieuse sont les principaux ingrédients de cette recette détonante.

Vous trépignerez d’impatience en attendant de le voir, sur la scène de la Maroquinerie le 30 septembre 2020 !

Miraj – Al Qasar

Né de l’alliance de Jaouad El Garouge, musicien de tradition gwana et de Thomas Attar Bellier, producteur franco-américain de rock psyché, Al-Qasar offre un premier EP, Miraj, riche de ces deux influences qui se complètent et s’additionnent avec beaucoup de grâce et d’intelligence. Entre guitares tranchantes alliées à l’oud -instrument aux cordes pincées très répandu dans la musique orientale- rythmique entraînante et mélodies hypnotiques, ce beau mélange nous fait voyager entre les continents. Un premier projet qui éradique toutes formes de mauvaise humeur par des titres ultra rétro et entraînants.

En bonus, on peut apprécier le clip de Selma, composé d’images d’archives de films égyptiens des années 70-80. S’y mélangent plusieurs séquences, presque antipodiques les une des autres -proposant d’abord une ambiance festive et enjouée puis une atmosphère mutique et contemplative- qui se répondent avec une souplesse expérimentale et multi-genre représentative du groupe. Un duo très éclectique à suivre de très, très près.

Grand Prix – Benjamin Biolay

Pour son neuvième album, Benjamin Biolay fait appel à ses idoles -entre autres, les Strokes, Les Smiths ou Iggy Pop- et déclare son amour au rock anglais. Dans ce disque, lié par une métaphore filée autour de la course automobile, une de ses passions, l’auteur-compositeur-interprète, se met à nu et chante à coeur ouvert. On y découvre une confession, un journal intime, une introspection qui dresse le portrait d’un homme mélancolique face à ses travers. Deuil de la relation amoureuse, peur de vieillir, expérience de la paternité, tant de thèmes qui sont portés par la voix, plus belle que jamais, de Biolay, et par ses textes plus qu’à la hauteur de son talent. Mais Grand Prix est plus qu’un long poème. Il est riche à souhait et met les guitares à l’honneur. Plus rock que les huit précédents -influence évidente dans Idéogrammes par exemple- il risque de s’imposer comme l’un des plus grands classiques francophones de la décennie.

Et il débarque à Paris pour trois dates (dont une à la Maroquinerie, décidément).

Ultra Tape – Muddy Monk

Guillaume Dietrich alias Muddy Monk nous régalait déjà en 2018 avec son album Longue Ride, et par ses collaborations efficaces avec Ichon et Myth Syzer. L’auteur-compositeur-interprète et producteur sort ce mois-ci Ultra Tape, un EP délicieux, composé à Fribourg la ville qui l’a vu naître, et teasé fin avril par le single Mylenium qui donnait farouchement envie d’avoir la suite. Pensé et conçu à la façon d’une mixtape, les quinze minutes pour cinq titres qui en découlent sont un condensé de tristesse et d’espoir mené par la voix douce et angélique de l’artiste qui nous parle d’amour et d’enfance, de peine et de renouveau. À grands coups de synthés il assied sa place de personnage important dans le paysage pop-électro. Déstabilisant et obsédant, Ultra Tape, est un EP brillant, d’une poésie brute et romantique particulière à l’artiste.

 

Mais aussi:

Au Paradis de Thousand

Les Bijoux de Double Françoise

What’s Your Pleasure de Jessie Ware,

Andy de Releigh Ritchie

It’s Your Turn de KRIVERS

All Things being equal de Sonic Boom

Muzz de Muzz,

Revulva de Hard Working Boss

The Greatest Part de Becca Mancari

Crash Test Kid de Sammy Brue

Two Of Me de Momma

 

Je vous laisse attraper vos écouteurs, vous ne voudriez pas rater ça.