La soul britannique nouvelle génération

Ama Lou 2019

La musique Soul est une des premières que j’ai jamais écoutées. L’écoute de l’album Frank d’Amy Winehouse m’a tout simplement foudroyée. Tristement, c’est après sa mort en juillet 2011 que j’ai découvert son travail. J’avais 12 ans et l’album était déjà sorti depuis une dizaine d’années. Cette découverte fut pour moi un tel choc qu’aujourd’hui il me suffit de fredonner un de ses morceaux pour me rappeler l’émotion précise qu’il me faisait ressentir.

Je l’ai assidument écouté pendant un certain temps, jusqu’à ce que je connaisse par coeur l’ensemble de sa discographie. Après l’exploration de genres nouveaux, je me suis désintéressée complètement de la soul. Je n’y trouvais plus mon compte et une fois que j’avais goûté à la voix si particulière d’Amy, il devenait difficile de ma satisfaire. De plus, rien ni personne ne semblait sortir du lot.

Mais qu’en est-il de l’héritage que la reine de la scène soul britannique a laissé derrière elle ? A l’aube de l’année 2020 quelles sont celles qui prennent la relève ?

En ce moment au Royaume-Uni on peut observer l’émergence de futurs emblèmes de la soul féminine à suivre de très près. Trois d’entre eux retiennent mon attention.

D’abord Mahalia. Âgée de 21 ans, originaire de Leicester elle commence comme auteur très tôt et signe son premier contrat avec un label à seulement 13 ans. La jeune fille est donc sous les projecteurs depuis bien longtemps, mais c’est lorsqu’elle choisit, à la fin de ses études, de se consacrer pleinement à sa passion que les choses s’accélèrent. Mahalia gagne en productivité et en visibilité.

Sa bonne humeur constante et son énergie sont communicatives. Sa personnalité ressort très bien dans ses morceaux, lorsqu’on l’écoute ou qu’on la voit, on a l’impression d’être avec une amie de longue date. La jeune chanteuse accorde beaucoup d’importance à véhiculer des valeurs positives et innovantes et ce par tous les moyens qui lui sont offerts. La confiance en soi et l’acceptation de son corps sont des thèmes sur lesquels elle communique à travers ses réseaux sociaux ou ses interviews, et tout simplement par sa manière d’être. Mahalia tient aussi à casser les stéréotypes de la chanteuse glamour, toujours au meilleur de sa forme et de son moral imposés par certains labels. Très proche de ses fans, elle n’hésite pas à partager son état du jour qu’il soit bon ou mauvais. Elle est aussi danseuse et actrice. Un de ses morceaux les plus écoutés est I Wish I Missed My Ex, et Hide Out est un de mes préférés.

L’album que Mahalia à sorti cette année, Love and Compromise ravira tous les profils de l’amateur au passionné de soul. Avec quelques influences R’n’B, Hip Hop ou Afro, sur des collaborations tout à fait rafraîchissantes comme Burna Boy ou Ella Mai, l’ensemble du projet reste fidèle à sa créatrice. De plus un effort notable est fait sur la direction artistique, ce qui nous immisce d’autant plus dans l’ambiance des morceaux ! Si vous n’êtes toujours pas convaincu, vous pouvez découvrir un peu plus Mahalia et son univers avec son premier album Diary of Me et ses deux EPs Seasons et Never Change déjà sortis et tout aussi prometteurs.

Laissez-moi vous présenter maintenant Jorja Smith, si vous ne la connaissez pas déjà. Née au Royaume-Uni également, Jorja a 22 ans. Elle commence sérieusement la musique en tant qu’auteure et chanteuse dès ses 18 ans (environ) en partant habiter à Londres tout en travaillant en tant que barista. Rapidement son talent est repéré par un manager, mais c’est en 2016, que Drake un des rappeurs canadiens les plus connus aujourd’hui, soutient la jeune fille et donne un gros coup de pouce à la carrière de la jeune fille. En presque quatre ans, Jorja a gagné en notoriété à toute vitesse. Son titre le plus écouté est Blue Lights, sorti en 2016 et inspiré de Sirens de Dizzy Rascal. Elle ne cesse de se produire à travers le monde et a été nominée pour de nombreux prix, dont quatre, qu’elle a reçus. Elle monte d’ailleurs sur la scène des BRIT Awards 2019 pour une très belle performance. Son EP Project 11 et son album Lost & Found font preuve d’une force d’interprétation rare et d’un sens bien personnel de la tradition soul.

Enfin, voici Ama Lou, 19 ans, une jeune fille qui apporte une touche alternative à la soul. Dernière de cette liste, mais certainement pas des moindres ! Elle fait ses débuts dès l’âge de 11 ans. Son côté garçon manqué contraste complètement avec sa voix aigüe et très féminine. Elle joue avec les octaves et le rythme, nous gardant attentifs tout au long de ses morceaux. NORTHSIDE est un de ses plus beaux titres, de même que Far Out ou Better. Son registre musical est difficile à déterminer, la soul est définitivement présente mais ses sonorités sont uniques, à tel point que catégoriser sa musique est une tâche délicate. Quoi qu’il en soit ses singles et Ama, who?, son EP sorti récemment, sont de véritables perles. On peut également la retrouver sur la bande originale du film Appolo Creed II, joli plus sur sa discographie.

En fin de compte, la scène soul féminine britannique se renouvelle, d’autant plus que ma sélection n’est bien évidemment pas exhaustive. Tous les chanteurs ou chanteuses soul du monde ne nous ramèneront pas la grande Amy mais au moins ce genre se perpétue à travers de nouveaux talents, qui en usent à très bon escient !

 

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