Eol, La Vitre du Bus, un premier titre qui fait du bien

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Avis à tous les fans nostalgiques, les premiers à prétendre que le rap “c’était mieux avant” . Voici La Vitre du Bus, un morceau tout en finesse et en justesse. Loin des couplets autotunés et des clichés qu’on peut parfois retrouver dans le vaste monde du rap français, nous avons cette fois-ci affaire à un style plus old-school.

Rythmé, incarné et calibré, Eol nous invite dans ses pensées et sa routine. Balloté entre un foyer inhospitalier et un cadre scolaire étouffant, un bus suspend le temps à chaque trajet transitoire, offrant au jeune passager un recul amer sur son existence. Plein d’espoir et d’ambition, ce titre, unique production publique d’Eol à ce jour, nous présente une plume très travaillée aux paroles recherchées et soignées. Un style tout à fait maîtrisé, dont les changements de rythme apportent dynamisme et équilibre au texte. Les figures de style fusent et les mots s’assemblent, s’emboîtent, se croisent et se chevauchent tel un rubick’s cube sonore plutôt satisfaisant.

On pourrait voir un (très) vague clin d’oeil au TSR Crew, ou a Hugo TSR, des références, dans un style sobre et épuré en terme de production et d’accompagnement tandis que le texte prend le dessus et donne toute sa substance, son essence au morceau et est mis en valeur au maximum. On sent une véritable aisance à l’écrit et un flow prenant, captivant. Pas besoin d’effort pour s’immiscer dans la vie, que dis-je, l’esprit de l’auteur même si ce n’est que pour quatre minutes.

Le clip est simple, sans prétention ni surcharge de significations ou symboles cachés ce qui n’est pas désagréable. On pourrait encore une fois mentionner le TSR Crew comme influence de l’ambiance du clip. Du noir et blanc, du face-cam frontal, des paysages urbains et petite touche plus personnelle : montage saccadé de soirées arrosées accompagné d’un effet bande dessinée dont on aurait pu se passer, à moins qu’il exprime quelque autre message qui nous échapperait. Au final pour un premier clip, pas de quoi se plaindre.

De belles paroles sur un schéma de vie typique de l’ado-adulte un poil paumé, qui s’efforce de retourner la réalité ou de lui donner un sens. En clair, allez voir, écouter cette trouvaille qui vaut la peine d’être entendue. Qu’elle mène à d’autres projets ou non, La Vitre du Bus nous emporte le temps d’un instant et on ne demande pas mieux !

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