Chansons féministes 2010-2020 : la playlist essentielle 

Beyoncé aux MTV Vidéo Music Award 2014

Cette dernière décennie n’a pas été de tout repos. L’affaire Weinstein et le mouvement MeToo ont marqué un tournant : la libération de la parole des femmes. De toutes les femmes, les grandes actrices comme les inconnues. Elles ont permis d’ouvrir la boîte de Pandore de la condition féminine. De plus en plus de groupes et associations féministes ont vu le jour. Le consentement est dans toutes les bouches et les femmes sont de plus en plus représentées dans la culture populaire. La musique féministe n’a jamais été autant appréciée et écoutée. Les nouvelles figures de la pop, du rap et du hip-hop se servent de leur talent pour dénoncer le sexisme, les violences faites aux femmes, la charge mentale, la grossophobie ou encore le harcèlement de rue.

Voici la playlist essentielle des chansons féministes de 2010 à 2020.

Chansons féministes françaises et belges

En France, le mot « féminisme » est encore parfois considéré comme tabou. Heureusement, les artistes cités ci-dessous ne se laissent pas impressionner et continuent d’écrire des textes engagés.

Casey – Apprends à t’taire (2010)

La rappeuse française au flow sans langue de bois critique dans cette chanson le rap misogyne et édulcoré. Un texte visionnaire.

Anne Sylvestre – Juste une femme (2013)

Poétesse et conteuse féministe, Anne Sylvestre est une des pionnières du genre. Elle laisse derrière elle un répertoire dont on ne se lasse pas

Chilla – Sale chienne (2017)

Chilla représente la nouvelle génération des rappeuses françaises qui dénoncent le sexisme et la misogynie. Avec Sale chienne, elle frappe fort et rappelle la difficulté de réussir dans l’industrie musicale quand on est une femme.

Eddy de Pretto – Kid (2017)

Il existe aussi des chanteurs alliés, comme Eddy de Pretto. Il livre ici son point de vue masculin sur le patriarcat. Preuve que les hommes et les garçons en subissent également les diktats.

Clara Luciani – La grenade (2018)

Clara Luciani lance sa grenade pour répondre à tous les propos machistes reçus depuis le début de sa carrière. Avec cette voix et cette mélodie, on pourrait presque ne pas faire attention aux paroles, qui pourtant font mouche.

Angèle – Balance ton quoi (2019)

On ne présente plus cette chanson qui a fait le buzz et que tout le monde fredonne, enfants comme adultes. La chanteuse belge fait référence au mouvement MeToo et à son pendant français #BalanceTonPorc.

Chansons féministes américaines

Aux États-Unis, la musique à caractère politique et militant a connu un essor notable depuis le milieu des années 2010, portée notamment par les mouvements #BlackLivesMatter et #MeToo.

Pink – Raise Your Glass (2010)

Single célébrant les dix ans de carrière de la chanteuse, Raise Your Glass convoque l’image de Rosie la riveteuse pour célébrer toutes celles et ceux qu’on considère encore comme des marginaux.

Beyoncé – Flawless (2014)

Ouvertement afroféministe, Beyoncé propose des titres de plus en plus engagés. Grâce à elle, adulée par des millions de personnes, le mot « féminisme » gagne en popularité et cesse d’être perçu comme extrémiste.

Mona Haydar – Hijabi (2017)

Rappeuse américaine, Mona Haydar prouve qu’on peut être féministe, musulmane et voilée. Un clip revendicateur et plein d’énergie.

Kesha – Woman (2017)

Aussi connue pour avoir porté plainte contre son producteur avant le mouvement MeToo, Kesha reprend le pouvoir avec Woman. Elle prône la liberté et l’émancipation sur un son pop et entraînant.

Lizzo – Juice (2019)

Égérie du mouvement body positive dans l’industrie musicale, Lizzo fait l’unanimité avec ses chansons anti-grossophobie. Elle incite les femmes à s’aimer, peu importe le reflet dans le miroir.

Taylor Swift – The Man (2019)

En suivant la carrière de Taylor Swift, on mesure le chemin parcouru : de petite princesse de la country à femme militante et sûre d’elle. Méconnaissable dans son clip, elle incarne un homme qui use de ses privilèges sans se poser de questions, image même de la masculinité toxique.

Chansons féministes québécoises

L’industrie musicale québécoise n’est pas passée à côté du mouvement #MoiAussi. Les artistes ont pu se libérer en partageant avec le public leur vécu et les violences subies.

Lynda Lemay – Blessée (2010)

Chanteuse québécoise qu’on ne présente plus, Lynda Lemay signe ici un récit autobiographique poignant sur la blessure profonde d’une vie de femme agressée et mal-aimée.

Elisapie – Arnaq (2018)

Auteure-compositrice-interprète inuk, Elisapie se sert de son art pour faire connaître les peuples autochtones. Dans Arnaq, qui signifie « femme » en inuktitut, elle aborde la condition féminine autochtone avec une poésie saisissante.

Cœur de pirate – Je veux rentrer (2018)

C’est grâce au mouvement MeToo que Cœur de pirate a pu parler de son agression sexuelle dans Je veux rentrer. Sur une base de tango, la mélodie et le rythme contrastent avec des paroles qui pourraient passer inaperçues si on n’y prêtait pas attention.

La relève féministe

De nombreuses artistes utilisent aujourd’hui leur plume et leur voix pour reprendre le pouvoir. Elles s’assument et s’acceptent, permettant au public d’apprécier différentes personnalités, corps, genres et orientations sexuelles. Les chanteuses prennent le contrôle de leur image, et c’est là l’essentiel.

Suzane – S.L.T (2020)

Étoile montante de l’électro française, Suzane dénonce le harcèlement de rue avec S.L.T. Une voix féministe assumée à suivre de près.

Héro Écho – Amazones (2020)

La rappeuse française sort des sentiers battus avec ce clip à saveur misandre, terme désignant l’hostilité envers les hommes, utilisé ici comme exutoire face aux violences systémiques subies par les femmes.

Vivir Quintana – Canción sin miedo (2020)

Devenu un véritable hymne féministe, Canción sin miedo s’est fait entendre lors d’une grève générale féminine pour dénoncer les féminicides au Mexique, avant d’être repris en France lors de manifestations contre les violences faites aux femmes et aux minorités de genre.