
Sur hiersoiraparis, on aime les artistes qui construisent des ponts entre les mondes. Et avec Atamone, on est clairement là-dedans. Le beatmaker et producteur montréalais revient avec Prologue, un nouvel album attendu le 22 mai prochain, et autant vous dire que ça mérite qu’on s’y attarde.
Derrière Atamone se cache Tam Kadjulik, un artiste Inuk dont le parcours ne ressemble à aucun autre. Né à Montréal, il ne s’est jamais contenté d’un seul terrain de jeu. Cinéma, animation 3D, design sonore, médias interactifs… autant de disciplines qui nourrissent aujourd’hui une musique profondément sensorielle. Et ça s’entend. Chez lui, chaque morceau semble pensé comme une scène, une ambiance, presque une séquence de film que l’on traverse les yeux fermés.
Depuis 2011, Atamone façonne des beats délicats, à la croisée du jazz, de la soul, du hip-hop et de l’électronique. Mais réduire son travail à un simple mélange d’influences serait passer à côté de l’essentiel. Ce qui frappe surtout, c’est cette capacité à créer des atmosphères. Ses productions ont quelque chose d’intemporel, comme suspendu entre analogique et numérique, entre passé et futur. Samplers, drum machines, séquenceurs : il joue avec les textures comme d’autres jouent avec les mots.
Il y a aussi dans sa musique une vraie douceur, presque thérapeutique. Des mélodies aériennes, des rythmes décontractés, une chaleur diffuse qui s’installe progressivement. On est loin des productions tape-à-l’œil : ici, tout est question de sensation, de respiration. Une musique qui prend son temps, et qui nous invite à faire pareil.
Avec Prologue, Atamone ouvre justement un nouveau chapitre. Comme son nom l’indique, cet album fait écho à Epilogue, sorti en 2025. Mais là où ce dernier pouvait évoquer une forme de conclusion, Prologue marque un recommencement. Un renouveau nourri par un changement de décor, un déménagement, une évolution personnelle qui semble avoir profondément influencé sa création.
Le résultat ? Un album que l’artiste décrit lui-même comme “aromatique et floral”. Une formule intrigante, mais qui prend tout son sens à l’écoute. Les morceaux évoquent les saisons, le passage du temps, une certaine idée de simplicité retrouvée. On y découvre des paysages sonores à la fois apaisants et lumineux, entre chemins cachés et éclaircies ensoleillées. Une invitation à ralentir, à observer, à ressentir.

Ce projet marque aussi une étape importante pour le label Nikamo Productions, fondé par Samian, qui célèbre cette année ses cinq ans. L’arrivée d’Atamone dans cette famille artistique vient renforcer une ligne éditoriale déjà engagée, tournée vers des voix singulières et des propositions fortes.
Avec Prologue, Atamone ne cherche pas à en mettre plein la vue. Il propose plutôt une expérience. Une parenthèse musicale sincère et immersive, à découvrir dès le 22 mai sur toutes les plateformes. Et franchement, dans le bruit ambiant, ça fait du bien.
