
Hier soir à Montréal, il y avait Kaleo au Mtelus de Montréal.
C’est la 2e fois que je les vois en Live et j’ai toujours le meme feeling. ils ont tout pour retourner une salle, une voix de dingue, des chansons incroyables, des chansons rock, des chansons plus calmes, des riff de fous avec des montées et des solos a couper le souffle (« No Good », « Hot Blood », « Rock N Roller », leurs deux armes de destruction massive) et pourtant ils sont tres statiques sur scène.
Pour ceux qui débarquent, Kaleo c’est quatre Islandais qui ont quitté Reykjavik pour s’installer à Austin, et qui ont fini par vendre un son américain plus vrai que nature à des Américains eux-mêmes. Depuis « A/B » et son single « Way Down We Go » devenu tellement omniprésent qu’on l’a entendu jusque dans des pubs et des jeux vidéo, le groupe traîne cette étiquette de « meilleur groupe de blues rock qu’on n’attendait pas d’un pays de trois cent mille habitants ». Et honnêtement, sur disque, l’étiquette tient. JJ Julius Son a une voix qui peut passer du murmure éraillé au cri déchirant en une seule phrase, et le groupe sait construire un morceau qui prend son temps avant d’exploser.
Le problème, c’est que hier soir, exactement comme la première fois que je les ai vus, ce talent-là restait un peu prisonnier de la scène. Ils sont peut-être timides, je ne sais pas, mais le concert était bon sans jamais devenir grand, et il sonnait un peu trop comme l’album à mon goût. On sentait des musiciens hyper compétents qui rejouaient leurs parties avec précision, mais sans se laisser vraiment emporter par elles. Peu de regards échangés, peu de mots au public, presque aucune improvisation. Pour un groupe capable de secouer une salle comme personne, c’est frustrant à observer.
La première partie du set jouait la carte des ballades, dans une ambiance très cowboy assumée jusque dans la scéno, avec des éclairages chauds sur un arrière plan qui rappelaient clairement l’imagerie de l’ouest américain. Visuellement, c’était vraiment réussi, sans doute la plus belle idée de la soirée. Musicalement, ça installait une tension qui demandait juste à être payée plus tard.
Et elle a fini par l’être. La deuxième moitié du concert a basculé vers un registre beaucoup plus rock, et là, le Mtelus s’est enfin réveillé. Le public a embarqué au quart de tour, chantait plus fort que le groupe lui-même sur certains refrains, et en redemandait clairement quand les lumières se sont rallumées après une heure trente à peine. C’est là que Kaleo redevient ce qu’ils sont censés être sur scène : une machine à faire vibrer une salle. Dommage qu’il ait fallu attendre aussi longtemps pour l’obtenir.
Au final, un concert que je ne regrette pas, porté par une fin qui a sauvé la soirée, mais qui confirme ce que je pensais déjà en sortant de leur premier passage : sur album, Kaleo est un groupe immense. Sur scène, ils ont encore un peu de chemin à faire pour l’être tout autant.
