Mes trois salles de concert préférées à Paris

Photo de Liam McGarry sur Unsplash
Photo de Liam McGarry sur Unsplash

Je vis entre Paris et Montréal depuis des années, et j’ai passé une bonne partie de ma vie parisienne dans des salles de concert. J’en ai vu beaucoup, des grandes, des petites, des mythiques, des décevantes. Si on me demande aujourd’hui de n’en garder que trois, voilà lesquelles je choisirais, et pourquoi.

Le Trianon : ma salle préférée, sans hésitation

Il y a des endroits où vous entrez et où vous savez immédiatement que quelque chose de spécial va se passer. Le Trianon est de ceux-là.

Construit en 1898 sur le boulevard de Rochechouart à Montmartre, ce théâtre a une histoire qui donne le vertige. Ella Fitzgerald y a chanté. Pink Floyd y a joué. Et pourtant quand vous êtes à l’intérieur, ce n’est pas le poids de l’histoire qui frappe en premier, c’est la beauté de l’endroit. Le décor art déco, les balcons, la lumière, tout concourt à créer une atmosphère qui rend la musique plus grande qu’elle ne serait ailleurs.

Avec 1 500 places, le Trianon occupe cette zone idéale entre l’intime et le grand spectacle. Assez grand pour que les artistes donnent tout, assez petit pour que vous ayez l’impression que c’est pour vous. C’est ma jauge préférée pour un concert, et le Trianon la maîtrise mieux que n’importe quelle autre salle parisienne que je connaisse.

La Maroquinerie : là où on découvre les artistes de demain

La Maroquinerie est dans le 20ème, rue Boyer, loin des circuits touristiques, et c’est exactement ce qui en fait un endroit à part. Vous n’y allez pas par hasard, vous y allez parce que vous savez ce que vous cherchez.

250 personnes maximum. Une scène à hauteur d’yeux. Une acoustique qui fait que vous entendez chaque détail de ce qui se passe sur scène. C’est la salle idéale pour voir un artiste qui n’a pas encore rempli le Trianon mais qui le fera dans deux ans, et pour pouvoir dire ensuite que vous étiez là quand il jouait devant deux cents personnes.

J’ai une tendresse particulière pour ce type de salle, celle où la distance entre le musicien et le public est presque nulle, où vous pouvez voir les expressions sur les visages, où un concert peut devenir quelque chose qui ressemble davantage à une conversation qu’à un spectacle. La Maroquinerie fait ça mieux que beaucoup.

Le Bataclan : une salle qui a traversé l’histoire

On ne peut pas parler du Bataclan sans nommer ce qui s’y est passé le 13 novembre 2015. Ce serait indécent de faire comme si cette nuit n’existait pas. La salle a rouvert en 2016, et chaque concert qui s’y joue depuis porte quelque chose de particulier, une façon collective de réaffirmer que la musique continue, que les salles restent debout, que les gens continuent de se rassembler pour écouter ensemble.

Ouvert en 1864, le Bataclan a une histoire aussi longue que celle de la musique populaire moderne. David Bowie y a joué. Metallica aussi. Et des centaines d’autres, des connus et des moins connus, qui ont tous contribué à faire de cette salle boulevard Voltaire un des endroits les plus chargés émotionnellement de Paris.

Avec près de 2 000 places, c’est la plus grande des trois salles que je vous recommande ici. Elle a cette capacité rare à rester humaine malgré sa taille, à créer une proximité entre le public et la scène qui disparaît souvent dans les grandes configurations. Si vous n’y êtes jamais allé, il est temps.