
Il y a des projets qu’on attend sans forcément les voir venir… et puis il y a ceux qui vous attrapent dès les premières notes. Le groupe montréalais Kallisto fait clairement partie de cette deuxième catégorie avec l’arrivée imminente de son nouveau single “Yalla”, disponible le 11 mai, avant un lancement d’album très attendu au Petit Campus le 29 mai à 20h.
Derrière Kallisto, il y a une vraie vision artistique, portée par sa fondatrice et compositrice Jossée MacInnis. Clarinettiste et bandleader, elle s’entoure de musiciens solides : Antoine Benssousan (guitare), Jefferson Perez (violoncelle), Edward Scrimger (batterie) et Patrick LeBrun (basse), pour construire un univers musical qui ne ressemble à rien de standardisé. Ici, le rock progressif se nourrit autant du jazz que des traditions modales, avec des influences qui vont du klezmer au rock psychédélique anatolien. Sur le papier, ça pourrait sembler dense. À l’écoute, c’est surtout fascinant.
Le nouveau single “Yalla” donne le ton de ce deuxième album intitulé Chameleon. Et le titre n’a rien d’anodin. “Yalla”, qui signifie “on y va” en hébreu et en arabe, est une invitation au mouvement, presque une injonction. Le morceau capte parfaitement cette sensation très montréalaise de traverser le centre-ville à toute vitesse, entre agitation, énergie brute et chaos organisé. Musicalement, ça pulse : une batterie très présente, une ligne de basse nerveuse, et un beat inspiré du Jersey club qui vient injecter une dimension presque électronique dans l’ensemble.
Ce qui est intéressant, c’est la manière dont Kallisto arrive à faire cohabiter des influences très éloignées sans jamais perdre en cohérence. On sent des textures psychédéliques, des passages hypnotiques, mais aussi des ruptures, des contrastes qui maintiennent l’attention du début à la fin. Le clin d’œil au thème d’ouverture de l’anime Dandadan (signé Creepy Nuts) apporte même une touche inattendue, preuve que le groupe ne se fixe aucune limite.
Avec Chameleon, Kallisto propose aussi quelque chose de plus large qu’un simple album : une sorte d’hommage à Montréal. Chaque morceau s’inscrit dans une ambiance, une énergie, un fragment de la ville. C’est un disque qui se vit presque comme une déambulation sonore, où chaque piste devient un quartier, un moment, une sensation.
Le lancement prévu au Petit Campus s’annonce donc comme un moment clé. Sur scène, ce genre de projet prend une toute autre dimension, et on imagine facilement l’intensité que le groupe pourra déployer en live. Si vous aimez les expériences musicales qui sortent des sentiers battus, c’est clairement un rendez-vous à ne pas manquer.
Kallisto ne cherche pas à plaire à tout prix. Et c’est précisément ce qui rend leur proposition aussi excitante. Avec “Yalla” et Chameleon, le groupe confirme qu’il fait partie de ces artistes capables de créer un véritable univers, dense, audacieux, mais toujours profondément vivant.
