La simple évocation de ce nom suffit souvent à créer le débat. Adulée et élevée au rang de reine pour certains, elle agace et insupporte ses détracteurs. Artiste au style parfois difficilement qualifiable, elle enchaîne les succès depuis la sortie du légendaire Born To Die en janvier 2012. Bien qu’elle ne soit pas une bête médiatique, difficile de ne pas avoir entendu parler d’elle depuis. Rare sur les plateaux TV et à la radio, c’est grâce aux réseaux sociaux et au web qu’elle doit l’explosion de sa carrière. N’assurant quasiment pas la promo de ses albums, elle doit son succès à la qualité de sa musique et à une fanbase toujours au rendez-vous.
Une personnalité complexe et captivante
Tout le monde a son avis sur Lana Del Rey. Elle débarque en 2012 sur une scène musicale occupée par Adele, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle détonne. Avec son look inspiré de l’Amérique des années 50, elle crée le buzz autour d’un univers vintage et sombre qu’on adore ou qu’on déteste. À peine arrivée, le succès est immédiat et les premières critiques pleuvent. L’Américaine est attaquée sur son physique tandis que son album est bien accueilli par la presse spécialisée. Véritable OVNI dans le paysage musical, les réactions extrêmes qu’elle suscite témoignent d’une époque où les artistes sont trop souvent perçus comme des produits.

Parfois excentrique, souvent réservée, la chanteuse intrigue. Elle amuse quand elle lance un « shut up » bien senti à Nagui sur le plateau de Taratata. Elle choque quand elle déclare dans The Guardian être triste de ne pas faire partie du club des 27, ces légendes comme Kurt Cobain ou Jim Morrison, mortes à 27 ans. Des propos qui font d’elle une artiste qui divise, mais aussi une artiste mélancolique dont on se demande si elle est vraiment en phase avec son époque.
Une artiste qui a su durer
Ses premières performances live ont fait l’objet de violentes critiques, et il faut le reconnaître : ses prestations scéniques des débuts sont inégales, certaines franchement mauvaises. Sa voix grave et réconfortante sur les albums est beaucoup moins maîtrisée en live. C’est à force de travail et de persévérance qu’elle élève son niveau. Aujourd’hui irréprochable sur scène, ses chansons sont de véritables câlins pour les oreilles, en live comme sur vinyle.
Lana Del Rey a surmonté les turbulences médiatiques qui ont jalonné le début de sa carrière. Engagée et féministe, elle chemine loin des médias traditionnels et livre des albums de plus en plus intimistes, toujours appréciés de ses nombreux admirateurs. Elle mène sa barque en électron libre, guidée par ses envies, pour le meilleur.

Ecouter Lana Del Rey, un acte pas si anodin
Moi, c’est Born To Die qui m’a embarqué. Sans crier gare. Et je comprends que ça ne soit pas le cas de tout le monde.
Elle est encore vue par certains comme une artiste qui fait des albums tristes pour des gens dépressifs. Ses premiers opus très mélancoliques lui collent à la peau alors que le style a bien évolué depuis. Peut-être est-ce simplement une histoire de sensibilité. C’est bien probable.
Lana Del Rey, c’est aussi l’histoire d’une personne qui ne lâche jamais le morceau. Elle compose et chante depuis l’âge de 18 ans, sous de multiples pseudonymes, dont Lizzy Grant. Son album Lana Del Ray A.K.A. Lizzy Grant, sorti en 2010, passe inaperçu, même s’il regorge de chansons devenues des classiques pour tous ses admirateurs. Elle ne cesse depuis de se réinventer, s’affirmant album après album sans jamais trahir ce qui fait son identité.

Une artiste reconnue par la profession
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est souvent là où on ne l’attend pas. Un premier album qui cartonne, et pour la suite ? Une édition deluxe. Un recueil de poèmes entre deux albums. Deux opus à seulement sept mois d’intervalle. Il y a de quoi en perdre son latin. La constante, c’est l’attente autour de chacun de ses projets.
Plusieurs fois nommée aux Grammy Awards sans jamais être sacrée, c’est la presse spécialisée qui lui réserve toujours le meilleur accueil. Billboard a souligné son influence sur la nouvelle génération d’artistes, et Bruce Springsteen la range parmi les toutes meilleures songwriters de sa génération. Ce ne sont pas des petits noms.
L’Américaine fait incontestablement partie des meilleures. Moins clivante qu’à ses débuts, sa musique en perpétuelle évolution séduit toujours ceux qui savent l’apprécier. Alors assumons d’écouter Lana Del Rey. Il semblerait que ça rende heureux, n’en déplaise aux sceptiques.
