Somaya ouvre grand la porte de son âme avec « LAYALI », un premier album entre R&B, racines égyptiennes et vulnérabilité

Somaya

Il y a des albums que l’on écoute pour leur musique. Et puis il y a ceux qui donnent l’impression d’entrer un peu dans la vie de la personne qui les a créés. Avec LAYALI, son tout premier album, l’artiste montréalaise Somaya choisit clairement la deuxième voie.

Active sur la scène musicale depuis 2024, Somaya s’est rapidement fait remarquer avec des titres comme Rhinestones et Mary, ainsi qu’avec sa collaboration avec Childhood Friend sur SOIE. Le 28 août prochain, elle franchira une nouvelle étape avec la sortie de ce premier long projet, un album profondément personnel où elle transforme ses blessures, ses histoires d’amour, ses périodes de solitude et ses questionnements en matière musicale.

Et le mot qui revient le plus naturellement lorsqu’on découvre la démarche de Somaya est probablement celui-ci : vérité.

LAYALI est présenté comme une porte ouverte sur son âme. Une formule qui pourrait sembler un peu grandiloquente si l’artiste ne la rendait pas aussi concrète à travers sa musique. Ici, il n’est pas question de dissimuler les zones plus fragiles ou de donner une image parfaitement maîtrisée de soi. Au contraire, Somaya accepte de montrer les contradictions, les doutes et les émotions qui accompagnent le fait de se chercher et de se comprendre.

La découverte de soi constitue d’ailleurs le fil conducteur de l’album. Somaya y aborde différentes facettes de la féminité et défend l’idée que ce qui nous fragilise peut aussi devenir une source de force. Sa démarche est intimement liée à une volonté de donner aux femmes l’espace nécessaire pour écouter leur propre voix, faire confiance à leurs intuitions et parler de leurs émotions sans avoir à les minimiser.

Mais LAYALI raconte aussi une histoire d’identité.

Fille d’une mère égyptienne, Somaya utilise cet album pour reconnecter avec une partie de ses origines nord-africaines. Elle ne parle pas arabe, mais trouve dans la musique une manière de communiquer avec cet héritage qui dépasse les mots. Et c’est probablement l’un des aspects les plus intéressants du projet : plutôt que de choisir entre ses différentes influences culturelles, elle les fait dialoguer.

Son identité occidentale rencontre ainsi ses racines nord-africaines dans un univers musical où le R&B alternatif et la néo-soul croisent des sonorités arabes. Le oud, les percussions et les arrangements de cordes inspirés par l’univers de l’immense icône égyptienne Umm Kulthum apportent une dimension particulière à l’album.

Mais Somaya va encore plus loin dans cette volonté de créer un projet intime. Des voix de membres de sa famille ont été intégrées à certains morceaux, faisant de LAYALI un véritable hommage aux personnes qui ont participé à façonner son histoire. Une attention particulièrement touchante lorsqu’on sait que l’album accorde une place importante aux femmes de sa famille et à leur influence sur son identité.

Musicalement, Somaya s’est également refusé à entrer dans une case. Pas de structure imposée, pas de volonté de respecter à tout prix les codes d’un genre précis : elle a laissé l’émotion guider la création. Le résultat est un album fluide, organique et atmosphérique, qui navigue entre R&B alternatif, néo-soul et sonorités moyen-orientales.

Cette liberté donne à LAYALI une dimension presque cinématographique. On imagine facilement les morceaux accompagner des nuits montréalaises, des souvenirs, des trajets solitaires ou ces moments où l’on se retrouve seul avec ses pensées.

Et pour celles et ceux qui voudront découvrir cet univers sur scène, un lancement physique de l’album est prévu le 16 septembre à La Sala Rossa, à Montréal.

Ce rendez-vous devrait être bien plus qu’un simple lancement de disque. Après avoir utilisé LAYALI pour regarder vers son passé, ses origines et ses fragilités, Somaya aura l’occasion de partager directement avec son public tout ce cheminement.

Son premier album sortira donc le 28 août, mais son histoire ne s’arrêtera certainement pas là. Avec LAYALI, Somaya semble surtout poser les fondations d’un univers artistique singulier, où la vulnérabilité n’est plus quelque chose à cacher, mais une manière d’exister pleinement.

Et si elle devait résumer son album et cette soirée de lancement en un seul mot, elle en a déjà choisi un : vérité.