
La scène musicale montréalaise continue de faire émerger de nouveaux groupes qui méritent toute notre attention. Parmi eux, Manèges arrive avec une proposition aussi accessible qu’ambitieuse. Le groupe dévoilera prochainement Tangerine, premier extrait de son tout premier album attendu en novembre, un morceau qui donne déjà un bel aperçu de l’univers qu’il est en train de construire.
Derrière ce nom se cachent cinq musiciens réunis par une même envie : proposer une pop francophone moderne qui puise autant dans l’efficacité mélodique que dans l’énergie du rock indépendant. Un équilibre parfois difficile à trouver, mais que Manèges semble maîtriser avec naturel.
Le groupe est composé de Pascal Beauregard au chant, David Desjardins à la guitare, Kevin Brunelle à la basse, Danny McCrae au piano et aux synthétiseurs, ainsi que Charles-André Chamard à la batterie. Chacun apporte son bagage musical, mais c’est surtout leur complémentarité qui donne naissance à une identité cohérente et déjà bien affirmée.
Depuis ses débuts, Manèges nourrit une ambition claire : créer des chansons actuelles, vivantes et sincères, capables de toucher le public sans tomber dans la facilité. Leur musique repose sur des mélodies accrocheuses, des arrangements particulièrement soignés et une écriture qui laisse une grande place aux émotions.
Le groupe explore des thèmes universels qui parlent à chacun d’entre nous : les relations humaines, les remises en question, les élans du cœur, les doutes et l’envie d’aller de l’avant. Le tout porté par des textes en français qui oscillent entre introspection et énergie rassembleuse.
C’est précisément cet équilibre que l’on retrouve dans Tangerine.
Premier extrait de leur futur album, la chanson raconte les premiers instants d’une relation amoureuse aussi passionnée qu’incertaine. Son personnage principal se retrouve à un moment charnière de sa vie, partagé entre le poids de son passé et la promesse d’un avenir qu’il n’ose pas encore pleinement embrasser.
Profondément amoureux, il doit composer avec ses propres peurs et cette difficulté que beaucoup connaissent : accepter que l’on puisse être bouleversé par quelqu’un au point d’en perdre ses repères.
Sans tomber dans le mélodrame, Tangerine capture parfaitement cette période où tout semble possible, mais où chaque pas vers l’autre s’accompagne aussi d’une part de vulnérabilité.
Musicalement, le morceau alterne habilement tension et douceur. Une mélodie lumineuse vient soutenir un arrangement qui prend progressivement de l’ampleur, créant cette sensation de flottement propre aux débuts d’une histoire d’amour. C’est précisément ce contraste qui donne toute sa force au morceau.
Tangerine marque également le début d’une aventure plus vaste. Le groupe travaille actuellement sur son premier album en collaboration avec Samuel Morissette, au studio Green Room. Attendu en novembre prochain, ce premier opus devrait permettre de découvrir plus en profondeur l’identité artistique de Manèges, un projet qui s’annonce comme une étape importante dans leur parcours.
À l’heure où la scène francophone regorge de jeunes formations qui cherchent à se démarquer, Manèges semble avoir trouvé une voie qui lui appartient. Sans chercher à suivre les tendances à tout prix, le groupe privilégie des chansons sincères, mélodiques et soigneusement construites.
Si Tangerine donne le ton de ce qui nous attend cet automne, il y a fort à parier que Manèges fera partie des groupes québécois dont on risque d’entendre parler au cours des prochains mois.
